Une intervention chirurgicale avec un filet de sécurité



Lorsque les équipes chirurgicales n’ont pas accès au matériel et aux formations indispensables, tout le monde se retrouve en difficulté et cela impacte la sécurité de l’intervention.

Les documents pédagogiques Lifebox® sont conçus pour aider les professionnels de santé des pays du Sud pour une prise en charge plus sure de leurs patients. Tout recemment, nous avons entrepris de les retravailler afin de rendre la formation Lifebox plus accessible et facile d’utilisation.

Quelle différence cela peut-il faire?

Nous avons posé quelques questions à Joseph Nibigira et Muvunyi Pamphile, deux infirmiers anesthésistes Burundais, qui ont suivi la formation Lifebox à Kibuye.

Lisez la suite pour Muvunyi en français, et Joseph en anglais ici.


Vous avez récemment suivi une formation Lifebox dans votre hôpital, comment avez-vous trouvé le matériel?

Le matériel est très important dans la pratique anesthésique dans les milieux où nous travaillons, c’est-à-dire dans des conditions précaires, sans équipment suffisant pour la surveillance. C’est vraiment un outil fiable de détection précoce de l’hypoxie.

Quel sera l’impact de cette formation sur votre pratique?

Les acquis de cette formation nous permettront bien évidemment de prévenir, détecter et corriger les éventuelles complications anesthésiques liées à l’hypoxie, ce qui va donc améliorer la sécurité de nos patients. L’anesthésiste va aussi travailler en étant plus tranquille.

Pourquoi est-il important que les cliniciens locaux reçoivent une formation régulière en anesthésie sécuritaire?

Il est important que les cliniciens locaux reçoivent une formation régulière en anesthésie sécuritaire parce qu’ils travaillent dans des conditions difficiles où les ressources matérielles sont limitées. Ces formations nous permettent d’améliorer nos connaissances en matière de gestion des principales complications anesthésiques, dont l’hypoxie. Ici, nous avons beaucoup de patients qui meurent des suite de complications non détectées ou non corrigées à cause de ce manque de ressources matérielles.

Quelles perspectives voyez-vous pour la pratique de l’anesthésie dans votre pays?

Dans mon pays (Burundi), j’espère que la pratique de l’anesthésie va connaître une nette amélioration grâce auprogramme Lifebox qui vise àdonner des formations régulières aux anesthésistes afin d’améliorer leur connaissance dans la gestion de l’hypoxie, qui est d’ailleurs la principale complication anesthésique rencontrée au bloc opératoire. Les oxymètres de pouls nous permettent d’améliorer les conditions dans lesquelles nous travaillons, même si d’autres appareilssont aussi nécessaires pour que ces conditions soient optimales.

Qu’est-ce que l’anesthésie sécuritaire signifie pour vous?

Pour moi,une anesthésie sécuritaire est une anesthésie avec moins de complications et moins d’accidents mortels pour les patients. Pour qu’une anesthésie soit sécuritaire, il faut:

  • Avoir du matériels suffisant (qualité et quantité);
  • Avoir des produits anesthésiques et des produits de réanimation en quantité suffisante;
  • Un anesthésiste qualifié et compétent capable d’utiliser le matériel mis à sa disposition.

Merci a Dr Greg Sund.